Les Moments littéraires n° 44

Catherine Safonoff

L’écriture qui rectifie la vie

 

Écrivaine suisse de langue française, Catherine Safonoff est née et vit à Genève.

Après avoir collaboré, comme critique littéraire au Journal de Genève et à la Radio suisse romande, Catherine Safonoff signe des scénarios pour la télévision, des adaptations de roman pour le cinéma (Polenta de Jean-Marc Lovay pour Maya Simon) et pour le théâtre (Le Malheur indifférent de Peter Handke) avant de se consacrer entièrement à son œuvre romanesque.

Depuis La part d’Esmé (1977) jusqu’à La distance de fuite (2016), Catherine Safonoff explore une manière originale de parler de soi, entre autobiographie et autofiction.

« Catherine Safonoff écrit parce qu’elle a le sentiment d’être en situation de perte : perte de la jeunesse, perte de l’amour, perte des parents, la liste pourrait comprendre d’autres formes de dépouillement encore, dont la plus dramatique et la plus effrayante est peut-être la perte de soi. » souligne Daniel Maggetti, professeur de littérature romande à l’université de Lausanne.

Le dossier Catherine Safonoff

  • Rectifier la vie, compenser la perte : les récits de Catherine Safonoff de Daniel Maggetti
  • Entretien avec Catherine Safonoff
  • Aimer loin de Catherine Safonoff

 

Également au sommaire du n°44 

Florence Chevallier : entretien & portfolio

Cofondatrice en 1985, avec Jean-Claude Bélégou et Yves Trémorin, du groupe Noir Limite qui revendiqua "les limites du photographiable" : le corps, le sexe, la mort, le sacré..., Florence Chevallier (prix Niepce 1998) nous propose huit autoportraits.


Rose-Marie Pagnard : Essai de journal d’une acrobate des jours et des nuits

Journaliste, traductrice, chroniqueuse littéraire et écrivain, Rose-Marie Pagnard est née en 1943 dans le Jura suisse. Elle est l’auteur d’une douzaine de livres – nouvelles, récits et romans. Les notes de son journal que nous publions commencent par l’évocation de ses nuits perturbées par les troubles causées par l’anxietas tibiarum.


Jean Sorrente  : Journal 2014

Né à Luxembourg dans une famille d’origine belge, Jean Sorrente se consacre au roman et publie des écrits sur l’art. En 2014, Jean Sorrente travaille au manuscrit de La guerre du temps qui paraîtra en 2020 ; certaines notes de son Journal 2014 se rapportent à l’écriture de ce roman.


Marie-Louise Audiberti : Carnets

Romancière, auteur de romans autobiographiques (La cadette, Éditions Écriture/1995 ou La dent d’Adèle, Grasset/1978), nouvelliste et essayiste, Marie-Louise Audiberti nous ouvre son carnet intime.


Dominique Carron : Les petits territoires

Durant des années, l’auteur a noté dans un « carnet d’émerveillements » des citations. Les impressions cumulées au fil de ses lectures dessinent ce qu’il nomme ses petits territoires. Dominique Carron nous convie à partager ce butin volé, arraché, extirpé de tous ces livres lus depuis de nombreuses années.


Les chroniques littéraires d’Anne Coudreuse

 

 

Les Moments littéraires n° 43

AMIEL & Co, diaristes suisses

 

La Suisse semble être une terre d’élection pour l’introspection.

Jean-Jacques Rousseau avait ouvert la voie avec ses Confessions. Amiel lui a emboîté le pas avec son monumental Journal, et, à sa suite, sont venus Jaccottet et ses semaisons, Georges Haldas et ses carnets ainsi que Maurice Chappaz, Alexandre Voisard, Gustave Roud, Alice Rivaz, Ramuz...

Face à la richesse et à la densité de ces œuvres où l’intime et la littérature se côtoient, Les Moments littéraires ont souhaité consacrer leur n° 43 à des journaux intimes d’écrivains suisses de langue française.

Au sommaire de ce numéro : Henri-Frédéric Amiel, Anne Brécart, Corinne Desarzens, Jean-François Duval, Alexandre Friederich, René Groebli (portfolio de 8 photographies), Roland Jaccard, Jean-Louis Kuffer, Douna Loup, Jérôme Meizoz, Jacques Mercanton, C. F. Ramuz, Noëlle Revaz, Jean-Pierre Rochat, Gustave Roud, Daniel de Roulet, Catherine Safonoff, Monique Saint-Hélier, Marina Salzmann, François Vassali, Alexandre Voisard, Jean-Bernard Vuillème, Luc Weibel. (336 pages)

 

Pour un aperçu des 44 numéros de la revue, consultez le catalogue

Actualités

Le fils, c’est André. La mère, c’est Gabrielle. Le père est inconnu. André est élevé par Hélène, la sœur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines. Chaque été, il retrouve Gabrielle qui vient passer ses vacances en famille.

Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, Histoire du fils sonde le cœur d’une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences.


Le Journal particulier de Paul Léautaud, qui constitue une branche annexe de son fameux journal littéraire, est parvenu jusqu’à nous grâce à Marie Dormoy, sa maîtresse. Chargée de dactylographier le monumental Journal, elle en a ôté et isolé les pages la concernant, trop explicitement érotiques et sexuelles. Elles constituent le Journal particulier, dont le Mercure a déjà publié les années 1933, 1935 et 1936. En 1937, sur un coup de tête, Léautaud retire à sa maîtresse son statut de légataire universelle. Il se ressaisira bien vite et reconnaîtra que Marie Dormoy est bien celle qui protège à la fois l’homme, l’écrivain et son œuvre avec une infinie dévotion amoureuse…


C’est l’histoire vraie d’une jeune Anglaise romantique installée à Paris autour des années 1830, qui rencontre Victor Hugo déjà célèbre, puis sympathise et flirte sur la plage de Trouville avec un inconnu nommé Gustave Flaubert. Plus tard, elle continue à correspondre avec l’auteur de Madame Bovary, qui multiplie à son égard, pendant près de quarante ans, les signes de son « inaltérable affection », et elle retrouve Victor Hugo à Guernesey en 1862, l’année du triomphe des Misérables.

Gertrude Tennant (1819-1918) raconte Flaubert et Hugo comme elle les a vus: le premier jeune, sauvage, beau, méprisant les convenances, adorant sa mère et sa sœur, passionné par la littérature, l’art et la beauté ; le second adulé par son entourage, attentif à son image, poli et froid à Paris, puis transfiguré par l’exil, séduisant, original, imprévisible, bienveillant avec les enfants, s’enflammant dans les discussions littéraires et politiques.

De sa proximité avec ces deux génies témoignent ses lettres et les souvenirs écrits sur ses vieux jours, alors qu’elle reçoit chaque semaine le Tout-Londres dans son salon. Conservés dans une malle et un grenier, ils sont ici édités ensemble pour la première fois.