A paraître le 16 août 2017

Les Moments Littéraires n° 38

Jean-Noël Pancrazi, un rescapé en cavale

 

C’est avec Madame Arnoul, paru dans la collection « Haute enfance » de Gallimard (Prix du livre Inter et Prix Albert Camus), que Jean-Noël Pancrazi a commencé, en 1995, sa trilogie de la mémoire familiale ; suivront un livre consacré à sa mère (Renée Camps) et un à son père (Long séjour).

Après cette trilogie familiale, loin de se cantonner dans un registre qui lui assure le succès auprès des lecteurs et du milieu littéraire, Jean-Noël Pancrazi n’hésite pas à se remettre en cause et à prendre des risques en écrivant Les Dollars des sables, un livre sulfureux sur le sexe, l'amour et l'argent et, après La Montagne, le portrait de sans-papiers (Indésirable).

Est-ce son enfance passée dans un village proche de Sétif, sur les hauts plateaux au climat âpre, dans un environnement difficile dû à une situation familiale tendue et à la violence des événements d’Algérie qui le fait, sans cesse, rechercher un ailleurs ? Jean-Noël Pancrazi vit comme un oiseau sur la branche.

Est-ce le fait d’être un rescapé des attentats d’Algérie (La Montagne) ou des années sida (Les Quartiers d’hiver) qui induit son empathie envers les démunis, les exclus, ceux qui n’ont pas trouvé de place dans ce monde ? Jean-Noël Pancrazi est un militant à sa façon : il ne se contente pas de faire le portrait d’un sans-papiers, il l’accompagne dans les démarches pour tenter d'obtenir sa carte de séjour. Ainsi essaye-t-il de mettre en accord ce qu’il écrit, vit et fait.

Quant à son écriture, elle est reconnaissable par le rythme des phrases, longues, amples et ciselées par de nombreuses incises, par le recours aux métaphores, aux analogies. La recherche du mot juste est une permanence chez l’auteur de Quartiers d'hiver, Prix Médicis.

Le dossier Jean-Noël Pancrazi

  • Le lapin du Cheshire de Teresa Cremisi
  • Entretien avec Jean-Noël Pancrazi
  • A travers le pays de Jean-Noël Pancrazi
  • Jean-Noël Pancrazi, un écrivain hors du temps, pas hors de l’espace…de Jean-Jacques Colonna d’Istria

 

Egalement au sommaire du n°38 

Claude Pugade-Renaud & Daniel Zimmermann : Journal à quatre mains

Claude Pujade-Renaud et Daniel Zimmermann  ont toujours pratiqué l’écriture à quatre mains (voir à ce sujet le dossier qui leurs était consacré dans le n°16 de la revue). Un de leurs exercices fut l’écriture d’un journal de bord de leur vie de couple. Nous vous présentons quelques extraits de « journal à quatre mains », tenu durant un quart de siècle.

Jocelyne François  : Journal

Après Journal 1961-1989, Journal 1990-2000, Une vie d'écrivain et Le Solstice d'hiver : journal 2001-2007 trois volumes parus au Mercure de France, Jocelyne François, prix Femina pour Joue-nous « España », offre aux lecteurs des Moments Littéraires la suite inédite de son journal.

Vincent d’Indy : lettre

La chronique littéraire d’Anne Coudreuse

 

Actualités

Ce dictionnaire répond à une triple volonté : il entend d’abord établir le bilan de plusieurs décennies de réflexion théorique, plus de quarante ans après la parution du Pacte autobiographique (1975) de Philippe Lejeune. Il vise ensuite à cartographier un champ de recherches dont l’extension est souvent mal comprise : l’autobiographie au sens strict, mais également, et plus globalement, les écritures de soi. À un moment où la médiatisation de l’autofiction brouille les frontières entre fiction et non-fiction, il semble important de décrire les spécificités du champ non fictionnel et de se demander si l’écriture autobiographique est un modèle d’écriture identifiable à quelques traits précis ou un registre qui transcende les frontières génériques. Enfin, ce dictionnaire souhaite féconder un nouvel élan théorique. Il dépasse une vulgate promue par l’institution scolaire et universitaire, constituée en canon, ne se limite pas aux seuls corpus consacrés mais s’intéresse également à des auteurs méconnus, voire aux écritures ordinaires. Derrière le succès de l’autobiographie se cache une diversité de pratiques et de genres ayant en commun l’écriture à la première personne, qui connaissent des fortunes variables mais ne cessent de se nourrir réciproquement : Mémoires, souvenirs, témoignages, journaux personnels, correspondances intimes, chroniques… Il s’agit de désenclaver l’autobiographie en la réinscrivant dans une large continuité historique et au sein de l’espace francophone ; les écritures de soi, souvent réduites à leur seule prétention à calquer le monde, sont aussi des supports essentiels au renouvellement de la création littéraire.